Liverpool, PART ONE
24 décembre 2007, 22heures environ, juste entre les langoustines et le chapon (pour les estrangers de chez nous, bref tout ce qui dépasse la frontière naturelle qu'est la Garonne, c'est la 8ème plat environ)...
Ca m'énerve, ma soeur a un plus gros paquet (je parle évidemment du cadeau) que moi (même à 21 ans, c'est souvent la taille qui compte...)! Bon tant pis, advienne que pourra.
25 décembre, réveil en fanfare: ouverture des cadeaux (comme c'est mignon, disons plutôt que je me suis jeté sur tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une étiquette portant mon nom). Argh, l'infâme gargouille de soeur se voit offrir son tout nouveau sac machin qui coûte très cher! A moi...toute petite poche sans inscription, contenant une enveloppe kraft (je rêve ou ils m'ont offert mes résultats des partiels?!) Ah non, l'enveloppe est plus gentille que ca, Thomas Cook voyages est en première ligne, youpi un voyage, moi qui meurt d'envie d'aller au ski!
Mais non, la destination n'est pas Méribel mais Liverpool. Liverpool, les reds, les beatles, je vais enfin voir la ville, et surtout le stade, Anfield, car si les vils diables voleurs de couleur d'à côté ont le théâtre des rêves, nous nous avons le stade des merveilles. Billet d'avion, hôtel, merci papa merci maman, je vous aime tant. Mais il y a autre chose dans l'enveloppe, une confirmation de réservation sur un site anglais, et quelques mots: Champion's league tickets, Liverpool-Inter Milan! Oh my god, dirais-je si je n'étais pas si poli, un rêve d'enfance! Les reds, c'est ma potion magique, tombé dedans quand j'étais tout petit! D'ailleurs un attrait bizarre pour le football anglais, et pour ce club en particulier, don't know why...et puis si, ce club, c'est rouge comme un coeur qui bat, le mythe Anfield et le seul, l'unique Kop...et puis j'étais certainement dans ma jeunesse le seul français qui trouvait une once de classe à Steve McManaman et Robbie Fowler. Malgré le peu de résultats, et les titres accumulés par le rival mancunien (que ce mot est laid) et l'équipe de France d'Arsenal, à Liverpool il y a toujours quelque chose en plus, ce public fantastique et cet amour du foot que l'on retrouve difficilement ailleurs. Un club qui ne peut laisser indifférent, qu'on aime ou qu'on déteste. Et j'ai choisi de l'aimer, de le chérir, de dépenser mon argent de poche en maillots gravés Carlsberg, de le suivre à la tévévision et dans les stades parfois, quand c'était possible. Vivre les moments difficiles bien sûr, le manque de victoires...et puis les années fastes, 2001 et son quintuplé, 2005 et le plus grand come-back de l'Histoire (j'aime à le penser en tout cas) en finale contre le Milan. Cette fois-ci c'est un autre Milan qui m'attend, l'internazionale qui n'a jamais aussi bien porté son nom. Belle équipe qui domine encore le Calcio, face au moins fort du Big Four anglais. Mais pourquoi les marseillais ont eu la curieuse idée de venir gagner à Anfield? Aucun français ne l'avait fait avant, pourquoi forcer le destin, c'est incroyable ça, non mais oh, et pourquoi pas Lyon six fois champion de France pendant qu'on y est! Hein quoi? Comment ça, c'est déjà fait? Bon non mais, cette année c'est pour Bordeaux, ils l'ont dit à France 2 Foot. Toujours est-il que je m'en vais tantôt voir si l'herbe est plus verte en angleterre, et dès mon retour la PART TWO (l'organisation bipartite merveilleusement faite de mon raisonnement irait presque jusqu'à métonner moi-même), vous racontera en détail mon périple.
Liverpool, PART TWO
19 février 2008, 4h du matin, direction Mérignac airport, puis correspondance à PSG vers Liverpool. Hôtel fantastique dédié aux bé, aux bi, aux biteulceux. Découverte de la ville, qui vit véritablement pour le foot. Des maillots, des blousons, des écharpes LFC dans tous les sens, quelques Italiens joyeux et quelque peu chambreurs (surtout après s'être rendus compte que nous étions français!), le tout dans une ambiance bonne enfant. Après une visite éclair à bord d'un joli bus à impériale, direction le stade. Fish and chips au menu devant le Kop, petit tour à la boutique du club, puis arrivée des joueurs par la célèbre Shankly Gate. Un monde fou autour du stade, malgré le froid les gens sont en tee-shirt, la plupart en rouge, même si les Milanais savent se montrer. Une heure avant le match, je pénètre, enfin, dans ce stade typiquement anglais. Première bière. Les supporters italiens entament déjà leurs chants, qui se multiplient avec l'entrée des joueurs pour les échauffements. Deuxième bière. Anfield se remplit peu à peu. 19h 42, les premières notes du You'll never walk alone. Chaque "scouser" le chante comme si sa vie en dépendait. Ce match est particulier, après une défaite contre Barnsley (d2) 3jours auparavant, les Reds retrouvent la scène européenne qu'ils affectionnent tant, et on d'ailleurs l'occasion d'accrocher leur centième victoire européenne à Anfield. Le Kop ne s'y trompe pas, et continue de chanter l'hymne mythique du LFC pendant près de 7 minutes. L'émotion m'étreind comme jamais. L'arbitre siffle le coup d'envoi, et d'entrée les rouges prennent le match à leur compte, gagnant leurs duels et se créant plusieurs occasions franches. El niño Torres prend de vitesse le vilain Materazzi, qui prend un carton jaune. Ahah bien fait. Remarque au passage, un joueur comme Steven Gerrard, c'est le top du top de la grand classe mondiale: il attaque bien, avec une très bonne vision du jeu et un jeu de passes quasi parfait, il défend comme si sa vie en dépendait, se bat pour gagner tous les ballons, pour éviter les touches. Il est partout sur un terrain, et c'est vraiment impressionant à voir. Seconde remarque: Aston Villa, ils ne voient pas que Javier Mascherano est meilleur que la plupart de leurs joueurs? Tiens, Materazzi, tire encore le maillot de Torres, il a qu'à faire ca devant l'arbitre aussi le bougre, ah ben oui, carton rouge. Bye bye Marco. Mes amitiés à ta sœur. Ah, certains anglais comprennent les quelques mots doux que j'ai crié à son attention lors de sa sortie, à propos d'un match de l'été 2006. Enfin bon à 11 contre 10 c'est plus simple. Mais que ce match est frustrant, une attaque défense permanente, et il faut dire que les Milanais se débrouillent pas mal à ce petit jeu! D'autant plus que les attaquants Reds ont la bonne idée de ne pas faire de très bons choix. J’ai l’impression que même en jouant 20ans à ce rythme là on ne gagnera pas. Remarque 2: Steven Gerrard est bien le meilleur joueur du monde, techniquement peut-être faible, mais il fait tout. Yes!!!!! Patrick Viera rentre!!! Tout va mieux, maintenant, ils commencent vraiment à souffrir les Mulanais. Au bord d’en prendre un sur quelques situations chaudes. 80ème minute, we love you liverpool, we do ! Enfin, sur un centre de Pennant, Kuyt est seul au second poteau, et bat Julio César ! Le stade debout acclame ses joueurs, et on sent bien que les 5 dernières minutes peuvent être de la folie. Et c’est bien ce qui se passe, après quelques offensives infructueuses, Gerrard récupère un ballon à l’angle de la surface, et se décale pour pouvoir frapper, dans un angle que lui seul pouvait imaginer. Le ballon fait trois rebonds avant de heurter le poteau et de rentrer dans les filets. Impressionnant, et j’ai bien cru voir ce but au ralenti sous mes yeux. 2-0, la messe est dite, le match retour sera bouillant ! Je ne préfère même pas avouer le nombre de bières qui ont suivi, la nuit fut longue et belle ! Et le retour difficile…C’est bizarre, mais une fois qu’on a vécu son rêve, le retour à la réalité est bien difficile. Et tout ca pour un match de foot.