Coupe d'Europe de rugby: Toulouse détrôné, Biarritz dernier espoir françaisdim 02 avr, 11h22
DUBLIN (AFP) - Le titre de champion d'Europe est à prendre après la défaite inattendue du tenant Toulouse face au Leinster (35-41), samedi dans des quarts de finale de la Coupe d'Europe de rugby qui ont souri aux Irlandais, avec également la qualification du Munster aux dépens de Perpignan (19-10).
Ce double succès à l'extérieur doit servir d'avertissement à Biarritz, qui accueille dimanche Sale à 16H00 GMT, leader du Championnat d'Angleterre. Si les Basques venaient à être surpris à Saint-Sébastien (Espagne), la France ne présenterait cette année aucun demi-finaliste, alors qu'elle en avait trois la saison passée.
Défaite en France (31-43) lors du Tournoi des six nations, l'Irlande a pris une revanche éclatante. Pour la deuxième fois après 2003, les deux principales provinces irlandaises seront représentées en demi-finale. Elles s'affronteront même au stade de Lansdowne Road à Dublin.
Toulouse, vainqueur en 2003 et 2005, et finaliste en 2004, manque pour la première fois depuis 2002 de se qualifier pour les demi-finales. Les Toulousains ont cédé devant la défense agressive et l'opportunisme remarquable (4 essais contre 2) du Leinster, qui accède pour la troisième fois (après 1996 et 2003) à une demi-finale.
Le Munster, qui disputait son huitième quart de finale européen, a fait prévaloir son expérience. Perpignan a fait au moins jeu égal dans l'engagement physique, dans l'enceinte redoutée de Lansdowne Road, mais n'a pas su garder la tête froide.
Commettant beaucoup trop de fautes, les Catalans ont été régulièrement sanctionnés par la botte de Ronan O'Gara, l'ouvreur d'une équipe du Munster finaliste en 2000 et 2002, et dont la dernière demi-finale remontait à 2004.
Alors que depuis l'instauration des quarts de finale, en 1996-97, 77% d'entre eux avaient été remportés par l'équipe qui jouait à domicile, la journée de samedi s'est traduite par une autre surprise.
Bath, bien que mal à l'aise en Championnat, est sorti vainqueur du duel anglais face à Leicester, double champion 2001 et 2002. Réduit à 13 dans les dernières minutes, Bath, un autre ancien champion en 1998, a trouvé les ressources pour résister (15-12).
Le meilleur club français du moment, Biarritz, affronte le meilleur anglais, Sale, dimanche en un inédit quart de finale de Coupe d'Europe de rugby, choc d'un "grand" d'Europe en quête de consécration et d'un ambitieux débutant à ce niveau.
Saint-Sébastien, en Pays basque espagnol, et son stade Anoeta (32.000 places) fief de la Real Sociedad (1ere div. espagnole de football), sont pour la deuxième fois le théâtre des ambitions européennes des Biarrots, garantie d'une ambiance de feria qui dopa l'an passé le BO face au Munster (19-10).
Le champion de France, demi-finaliste européen 2004 et 2005, aborde son quatrième quart de finale consécutif au pas de charge, menant le train du championnat depuis trois mois, battu une seule fois dans ses 14 derniers matches, et tutoyant l'équilibre parfait entre défense de fer et mue offensive instantanée.
Le BO, ses blessés longue durée (Gaïtan, Avril, Marlu) mis à part, présente son meilleur XV possible, à l'inverse de Sale, privé de son fer de lance Sébastien Chabal (suspendu), du pilier international Sheridan blessé, et avec des incertitudes levées à la dernière minute pour Marck Cueto et Jason Robinson.
Pour les Sharks (Requins), qui n'ont jamais joué la phase finale de Coupe d'Europe, ce match est tout simplement le plus grand de l'histoire du club, en même temps qu'une montée en puissance continue, après l'apprentissage réussi en Challenge européen, remporté en mai dernier (face à Pau).
Sale, dans cette ascension, a démontré une capacité d'amalgame entre culture anglaise et "french touch" de leur manageur depuis mi-2004, Philippe Saint-André, et des Bruno, Courrent, ou Larrechea.
Mais même si l'ouvreur Charlie Hodgson trouvait dimanche sa rédemption d'une saison mitigée, les forces des Anglais -défense, organisation, engagement, jeu au pied- sont autant d'atouts que le BO maîtrise déjà, avec une gamme offensive plus large, et le métier de plus d'internationaux.
"Quand on connaît les très grandes qualités tactiques de Philippe Saint-André, cela incite vraiment à la méfiance", insiste pourtant l'entraîneur du BO Patrice Lagisquet, prédécesseur de Saint-André à l'aile du XV de France, et dans l'esprit de beaucoup son rival pour diriger un jour les Bleus.
Ce duel indirect de deux techniciens au style distinct n'est pas le moindre des piments de Biarritz-Sale, dont le BO est "le favori aux yeux d'à peu près tout le monde, et tant mieux", estime l'entraîneur-adjoint de Sale Kingsley Jones. Et pour Saint-André, le favori tout court de la Coupe d'Europe.
Carotte supplémentaire pour ces favoris: la perspective en cas de victoire de bénéficier, face aux Anglais de Bath en demi-finale, de cet "atout Anoeta", si souvent évoqué par les joueurs biarrots. Et qui leur fit cruellement défaut en demi-finale 2005, perdue à Paris face au Stade Français.
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Bill Shankly